CHOISISSEZ BIEN VOTRE CHIEN !

NOTA BENE : Cet article n’est en aucun cas un réquisitoire contre tous les éleveurs. Je ne dis pas qu’il n’y a que des mauvais éleveurs, que tous ceux qui exposent aux salons du chiot ne traitent pas bien leurs chiens… Mais il nous est impossible de savoir qui dit vrai et qui ment, nous ne pouvons savoir sans voir l’élevage. Si des éleveurs me lisent, qu’ils sont fiers des chiots qu’ils vendent, qu’ils ont bien sélectionné leurs parents, qu’ils s’en occupent bien mentalement et physiquement, alors merci et bravo à vous ! Nous voulons plus d’éleveurs comme vous, et si vous voulez que nous travaillons ensemble, cela serait avec plaisir. Contactez moi sans hésiter, je serai heureuse de garder votre adresse pour passer voir votre élevage, et pouvoir vous recommander auprès de futurs adoptants !


IMAGINONS QUE VOUS ACHETIEZ UN CHIOT EN SALON, EN ANIMALERIE

Pour vous faire comprendre ce que vivent beaucoup de gens, et qui pourrait aussi vous arriver, je vous propose d’imaginer quelque chose. Imaginez qu’aujourd’hui vous adoptez un chiot dans un salon où des éleveurs se déplacent pour exposer leurs chiots, ou dans une animalerie, sans que vous ne puissiez voir l’élevage d’où il provient.

Un chiot vous est vendu, sans bon conseil. Vous craquez devant sa bonne bouille. Ceci aide à ce qu’il soit vite vendu, et les arguments imparables du vendeur aident aussi. En plus, l’élevage est loin, l’éleveur repart bientôt donc il faut vite prendre une décision. Vous ne cherchez pas à voir s’il sera adapté à la vie de la famille ou à leur futur environnement, puisqu’on vous convainc que ça ira. Et l’éleveur vous montre de belles photos qui sont aussi convaincantes.

Chaque race de chien a sa spécificité, et on vous vend celle-ci comme parfaitement adaptée à votre vie. Il y a toujours des arguments frappants qui vous font penser que c’est vrai. Les qualités du chien, qui pourraient ne pas vous convenir, sont adoucies. D’un chien qui se méfie de tout, qui est vite mal à l’aise, qui va probablement mal supporter la ville, les inconnus, les nouveaux bruits ou objets, on vous dit simplement qu’il est « réservé ». D’un chien qui va toujours être loin de vous en balade, va vous écouter moins facilement, vous faire confiance moins facilement, qui va plus chasser, on vous dit qu’il est « indépendant ». C’est sûr que ça sonne mieux tout ça, et qu’on ne pense pas à toutes les conséquences de ces qualités (que nous avons sélectionné pour en faire des chiens utiles, de travail, ne l’oublions pas). Pourtant les chiens méfiants peuvent devenir plus facilement agressifs avec les inconnus, les chiens indépendants sont plus facilement perdus et vont passer une vie en laisse, enfermés, contraints… Et ça ne sont que deux exemples ! Il arrive ainsi qu’un Malamute soit vendu à une personne âgée, alors qu’il demande beaucoup de dépense, que sa socialisation peut être compliquée, et que c’est un chien qui n’est pas proche de son humain en balade… Vous voyez l’erreur de casting non ? Il en va de même avec les chiens très excités vendus à des familles avec enfants en bas âge par exemple, ou à des personnes âgées qui ne pourront pas canaliser cette énergie et leur offrir assez de dépense. Le choix de la race importe autant que le choix du chiot dans la portée. Il faut l’observer pour savoir celui qui nous convient le mieux ! Sur une même portée, il peut y avoir un chiot en retrait, très peureux, ou un chiot très excité, qui saute partout et fonce sur tout.

En plus, vous l’ignorez, mais il vient d’un élevage qu’on peut qualifier d’industriel, qui peut avoir une centaine de chiots par an. C’est un endroit où ses parents ne sont probablement pas sélectionné pour leur stabilité émotionnelle, mais juste pour leur beauté. Je ne vois pas comment on peut connaître tous ses chiens, les avoir mis en situation afin de savoir s’il ont de bonnes réactions, les avoir socialisés, lorsqu’on a une vingtaine d’adultes… Et forcément, les chiots qui y naissent héritent de gênes des parents qui, s’ils ont de très mauvais comportements, sont quand même des reproducteurs.

Là où débute la vie des chiots, il y a tellement de chiens, qu’on ne peut certainement pas s’occuper de leur cerveau, mais tout juste de leur santé. On n’a pas le temps de leur faire découvrir de petites choses, de voir qui sont les chiots, s’il y en a plus à l’aise ou plus peureux, ou de les sortir quand on en a autant… Ils vivent en box, n’entendant souvent que le bruit des aboiements réguliers et bien trop forts, ne voyant rien de ce qui les attend en tant que chien de compagnie. L’espace est restreint, et la matière identique partout, les chiots ne savent même pas ce qu’est de l’herbe. Ils n’apprennent pas à être propre, à faire dehors et pas là où ils dorment. Cet élevage « livre » ses chiens partout en France, participe à des salons du chiot, conseille ses chiens à tous, alors que leur début de vie est loin de les aider à s’adapter à toutes les familles et environnements.  Si en plus le chiot arrive dans une animalerie après cela, il n’apprend toujours à faire ses besoins là où il dort car il n’est pas surveillé autant qu’en famille, et sorti suffisamment régulièrement du box. Il y passe de longues journées et de longues nuits. Il y vit peut être avec un autre chiot, sans adulte pour les éduquer. Il peut harceler le chiot avec lequel il vit, le traumatiser en déchargeant toutes ses émotions sur lui, ou c’est peut être lui qui vit tout ça. Il voit plein de monde et d’animaux passer sans pouvoir aller les voir, il accumule énormément de frustration… Tout ça ne génère que de futurs problèmes !

Peu de personnes vous disent la réalité, car elles veulent vendre le chien, c’est un marché. On ne vous dit pas qu’un chien a besoin de beaucoup de choses pour vivre bien, et que ça demande du temps chaque jour, ainsi qu’un budget qui peut vite devenir important selon le chien. On ne vous dit pas qu’il est mieux d’éduquer un chien dès son arrivée, afin qu’il prenne tout de suite les bonnes habitudes, soit bien socialisé, et puisse être acceptable en société. On ne vous dit pas pas qu’il faut établir un lien de confiance avec lui pour qu’il ait envie d’écouter vos demandes et de vous suivre, ni qu’il faut lui donner de longues balades en liberté quotidiennement, ni qu’il faut lui faire voir des gens et des chiens stables. On ne vous dit pas que sans ça, la vie avec un chien peut vite devenir très compliquée, que plus on attend ou on évite, plus la rééducation pourrait être difficile, le chien dangereux, peureux, excité, fuyard, malpropre, destructeur… On ne vous dit pas que ses conditions de début de vie vont avoir un impact important… On ne vous dit pas qu’elles ont été inadaptées et qu’elles vont rendre sa vie bien plus compliquée, même pour des choses simples comme l’apprentissage de la propreté.

On vous dit seulement, s’il y a un soucis, qu’il faut être plus dur, pour qu’il arrête de se prendre pour le roi. On vous dit probablement qu’il est dominant, qu’il faut lui montrer qui est le maître, qu’il faut se faire respecter. C’est un éleveur, ou un professionnel qui vous dis ça. Vous y croyez, puisque c’est son métier après tout, il doit mieux savoir que vous. En réalité, ceci brise toute confiance du chien en l’humain, ceci abîme toute communication, et ça le fait réagir plus fort. Ces actes effacent aussi tous les avertissements du chien. Votre chien n’avertira plus de son mécontentement, en grognant par exemple, mais passera de suite à une attaque dangereuse puisque les signaux d’avant, pour prévenir, n’ont pas fonctionné. Fini les grognements, les aboiements, puisqu’on l’a grondé pour ça, place à la morsure directement quand il se sent mal. Il ne sait pas éviter, il a été contraint, en laisse tout le temps, dans des endroits clos. Il ne sait qu’agresser pour stopper, éloigner, puisqu’il n’y a que ça qui fonctionne.


MAIS TOUT CELA N’EST QU’IMAGINATION, ME DIREZ-VOUS ?

Arrêtez d’imaginer tout ça, car c’est réel. C’est la réalité que nous avons eu à affronter avec mes collègues et nos chiens. Nous sommes si tristes d’avoir vu ça, en colère même. Un jeune chien, de même pas un an, si instable à cause de son environnement, son caractère, son vécu, et pourtant si jeune. Mal sélectionné, mal choisi, mal sorti, mal socialisé, mal éduqué… On l’a puni parce qu’il grognait, on a essayé d’utiliser un martinet parce qu’il fallait être plus dur, on l’a mis en laisse constamment et on ne l’a que très peu sorti. Toutes ces choses accumulées, qui ont fait qu’à moins de 8 mois, il ne sait même pas réfléchir, ne supporte aucune contrainte, aucune frustration, ne sait pas partager, ne sait pas rencontrer, a peur de beaucoup de choses. Il ne sait tellement pas gérer ses émotions, que tout est une raison pour agresser ses humains, enfants et adultes, les inconnus, les chiens. Il ne s’arrête que s’il a ce qu’il veut… Et comment tout ça va se terminer ? Après morsure, il y aura abandon, ou pire en euthanasie.

Et ça n’est pas un cas isolé ! Le nombre de fois où j’entend qu’un chien a énormément de mal avec la propreté pendant très longtemps, et qu’il vient d’un de ces endroits… J’ai vu tellement de chiens peureux, qui venaient d’un élevage, d’une animalerie, parfois achetés à plus de 4 mois. Pendant 4 mois et plus, il n’avaient pas vu grand chose d’autre que leur cage, leur frère et sœur et leur mère. Ces chiens fuient, aboient, agressent tout ce qui est inconnu, parce que toute nouveauté leur fait peur, parce qu’ils n’ont pas appris à bien rencontrer, parce qu’ils n’ont pas été bien traités, parce qu’on n’a pas respecté leurs besoins, parce qu’on ne leur a rien montré, on ne les a pas guidés, socialisés, éduqués. Je me rappelle encore d’un chiot border dans une animalerie, que personne n’adoptait, qui avait 6 mois. Ce chiot qui déchargeait toutes les mauvaises émotions (peur, frustration), sur celui avec qui il vivait, plus petit, plus jeune, impuissant… J’ai tellement d’exemples en tête que jamais je ne pourrai voir le côté positif de ce système de vente du chien, en tant que marchandise et même plus en tant qu’être vivant doté de sensibilité.

Comment peut on accepter que ce type d’élevage existe encore ? Comment peut-on encore accepter que des être vivants sensibles soient vendus comme des marchandises, en vitrine ? Comment à notre époque, des gens ignorent encore tout ce qu’implique une adoption, alors que nous disposons de tous ces moyens de communication ? Pourquoi tout acquéreur de chien n’a pas automatiquement ou même obligatoirement accès à toutes les bonnes informations ? Comment peut on encore faire reproduire des chiens qui représentent un danger par leur manque de stabilité ? Comment peut-on encore faire reproduire des chiens parce qu’ils sont beaux, mais pas parce qu’ils sont en bonne santé et bien dans leur pattes ? Comment peut on faire subir tout cela à des êtres censés être là pour partager nos vies avec plaisir ? Voilà pourquoi j’ai voulu vous écrire, pour essayer de changer tout ça, pas pour accuser tout le monde, mais pour qu’ensemble nous changions notre manière de voir les choses et nos habitudes.


FAITES LE BON CHOIX

Le choix d’un chiot est primordial, vous devez voir les parents, l’environnement, les éleveurs et l’élevage en vrai, pas en photo. Vous devez vérifier qu’il est sorti, qu’il n’est pas enfermé constamment. S’il est trop peu stimulé étant chiot, sa vie d’adulte sera bien plus compliquée, et la votre aussi. Un chien qui entend les bruits de la maison, voit d’autres chiens adultes que sa mère, voit différent humains et même des enfants, sera plus facile à éduquer et sera plus à l’aise. Imaginez qu’il soit si difficile que vous finissez par en avoir peur, que vous vous sentiez en danger, ou que les autres le soient, que vous ne plus puissiez plus partir en vacances, que vous ne puissiez plus inviter des gens, que vous ne puissiez plus le sortir… Pour éviter cela, n’achetez pas aux salons du chiot, en animalerie, ne craquez pas, faites un choix réfléchi.

Adopter un chiot, c’est vivre avec lui pendant des années, c’est l’accompagner et l’éduquer pour qu’il soit bien, ça n’est pas une décision que l’on prend en quelques minutes, parce qu’il est mignon. Ne vous dites pas qu’il faut sauver ce chiot d’élevage intensif ou d’animalerie, qu’il est malheureux… ça n’est qu’en boycottant les mauvais éleveurs et les animaleries, en les empêchant de vivre de leur marché du chiot, qu’on pourra changer les choses. En salon, en animalerie, vous ne pouvez absolument pas savoir s’il s’agit de bons ou de mauvais éleveurs, vous ne verrez jamais la réalité. Pour un chiot, ne cherchez pas au moins cher, un chien stable n’a pas de prix… Les éleveurs qui ne vendent pas des centaines de chiot par an, qui les socialisent, qui prennent du temps, ont forcément moins de chiot et plus de difficulté à en vivre. Ceux-ci peinent parfois à vendre des chiots dont ils s’occupent si bien, qu’ils ont bien sélectionné, et qui ne sont pas une vraie usine à chiots… Oui, ils peuvent être plus cher, oui, il faut se déplacer, oui, les familles sont sélectionnées. Mais c’est normal quand on achète un chiot !

Si vous ne voulez pas payer cher, que vous voulez sauver un chien, prenez le dans une association. Vous le trouverez peut être moins mignon car il sera déjà adulte, ou même vieux. Mais un chiot ça grandit, ça ne dure qu’un temps, et ce chien d’association sera surement plus adapté aussi qu’un chiot d’un mauvais élevage. Privilégiez les associations qui connaissent les chiens, les mettent ensemble, ou en famille d’accueil, vous aurez moins de surprises et de problèmes que si le chiot vit en box, seul. Enfin, n’oubliez pas que même si vous ne payez pas très cher un chien, le nourrir et le soigner et l’éduquer correctement cela représente un gros budget. Evidemment un chien ça coûte cher, mais étrangement certaines personnes accepteraient de dépenser plus pour leur téléphone que pour leur animal de compagnie, alors que c’est un être vivant…

Il y a trop d’abandons car on se rend compte du temps que demande un chien, qu’éduquer ça peut être compliqué, qu’il n’est pas adapté à notre vie, que le mettre en pension quand on part en vacance ça coûte cher, que le vétérinaire c’est un budget important aussi, qu’éduquer un chien ça peut représenter un budget qu’on n’avait pas prévu, que la race est plus compliquée ou fragile que ce qu’on nous avait dit. Avec plus de réflexion, et de prévention, d’éducation des humains et des chiens, il y aurait tellement moins d’abandons, ou même d’euthanasie… Il faut savoir à quoi s’attendre, les chiots ne restent pas petits toute leur vie.

COMMUNIQUONS, RÉFLÉCHISSONS, PRÉVENONS L’ABANDON.
DITES NON A LA VENTE EN ANIMALERIE ET EN SALON.
LES CHIENS NE SONT PAS DES PRODUITS DE CONSOMMATION. ON NE DEVRAIT PAS LES ACHETER SUR UN COUP DE CŒUR. CELA DOIT ÊTRE LONGUEMENT RÉFLÉCHI.
CHOISISSEZ BIEN VOTRE CHIEN !
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